En route vers Tokyo avec Cyclisme Canada

Cyclisme Canada a récemment annoncé les noms des athlètes sélectionnés au sein de ses équipes de cyclisme sur piste et sur route pour les Jeux olympiques de Tokyo. Si les Jeux Olympiques semblent encore très loin pour beaucoup d'entre nous, les athlètes choisis sont déjà bien engagés sur la route qui les mènera à Tokyo. Nous avons eu l'occasion de parler avec Kris Westwood, directeur de la haute performance de Cyclisme Canada, au sujet de la sélection des équipes et des réalités de l'entraînement et des courses à l'ère de la COVID.

Vincent de Haître à gauche et Kelsey Mitchell à droite.

A18 : De nombreux athlètes et fans sont avides de nouvelles concernant le retour à la compétition normale. Dans ce contexte, quelle a été la réaction à la désignation de l'équipe olympique ? Y a-t-il un grand enthousiasme ?

CC : Notre objectif était de donner autant de certitude et de stabilité que possible à nos athlètes dans un contexte très incertain. L'annonce rapide de la composition de ces équipes permet aux athlètes de se concentrer sur leur préparation pour les Jeux sans avoir à se soucier de la sélection. La réaction a été très positive.

A18 : De toute évidence, la COVID et le report des Jeux ont eu un sérieux impact sur le monde du sport. Comment ces athlètes ont-ils géré le report des Jeux, mentalement et physiquement ?

CC : Le report des Jeux a été un défi pour nos athlètes et nos entraîneurs. Nous avons travaillé dur pour nous consacrer aux opportunités que cette pandémie a créées, notamment le surplus de temps pour corriger nos faiblesses et nous préparer correctement dans un environnement aussi stable que possible compte tenu de la situation. Nous sommes confiants que cela constituera un avantage concurrentiel pour nous à Tokyo.

Le groupe féminin de poursuite par équipes.

A18 : Le Canada a rapidement pris position et décidé de ne pas envoyer d'athlètes aux Jeux Olympiques de 2020, même si les Jeux n'avaient pas encore été reportés au moment où cette décision a été prise. Que pensez-vous de cette position ? Est-il important pour l'équipe de prioriser la santé et le bien-être des athlètes ?

CC : D’entrée de jeu, Cyclisme Canada a soutenu la position du Comité olympique canadien de ne pas participer aux Jeux Olympiques de 2020. Même si les Jeux sont très importants pour nous, rien ne doit prendre le pas sur la santé de nos athlètes et de notre personnel. Cyclisme Canada a clairement exprimé cette position en annulant toute participation à des projets à l'étranger pour le reste de l'année 2020, et nous ne voyagerons l'année prochaine que si cela présente un risque raisonnable.

A18 : En quoi un entraînement « régulier » est-il différent à l'ère de la COVID ? Quelles sont les précautions prises et quels sont les principaux défis que vous envisagez pour l'année à venir en tenant compte de ces ajustements ?

CC : La pandémie a eu l’effet l’allonger la période hors-saison. Heureusement, le cyclisme a l'avantage de pouvoir être pratiqué sur les voies publiques ou en sentier, tout en respectant les exigences de distanciation sociale. À noter que les bases d’entraînement ont aussi été très utiles durant le confinement puisque elles ont permis aux athlètes de rouler à l’intérieur, et poursuivre leur entraînement sans interruption importante. Comme la forme physique diminue au cours d'une saison de compétition normale en raison du temps passé à voyager et à récupérer après les compétitions, nous avons décidé d'adapter les entraînements en réduisant leur intensité afin que les athlètes se concentrent davantage sur leur forme physique de base. On voit déjà certains athlètes établir des records personnels lors des tests physiques. Il est certain que cela portera fruit en 2021.

Ariane Bonhomme à gauche et Lauriane Genest à droite.

A18 : Étant donné l'incertitude persistante concernant les courses futures, et les Jeux eux-mêmes, que faites-vous pour aider les athlètes et les fans à garder un bon niveau de motivation ?

CC: Pendant la pandémie, nous avons su maintenir la motivation de nos athlètes en réitérant notre engagement envers eux, en travaillant avec eux à bâtir une forme physique durable et en maintenant une forte cohésion de groupe par le biais de rencontres virtuelles. Nous avons également établi des liens avec le public en partageant les expériences de nos athlètes et de nos employés en temps de pandémie. Une chose très excitante pendant cette période d'entraînement peu structurée est de voir nos athlètes redécouvrir le simple plaisir de faire du vélo en se lançant dans des voyages de cyclotourisme ou en s'attaquant à des épreuves comme le BC Epic 1000. Le plus grand défi est de s'assurer que nous restons impliqués auprès de nos athlètes en développement qui auront manqué des opportunités de carrière importantes cet été.

A18 : Quelle serait, selon vous, la réussite ultime ou l'objectif principal des Jeux de Tokyo pour vous et les membres de l'équipe ?

CC : La réussite ultime pour Cyclisme Canada sera de traverser la pandémie en toute sécurité et d'amener une équipe saine et heureuse sur la ligne de départ à Tokyo, prête à performer.

Kris Westwood, directeur de la haute performance de Cyclisme Canada.

Photos par Rob Jones