Avoir le bon positionnement pour le triathlon : dix conseils judicieux

Comme tous les triathlètes, Hans Christian Tungesvik se préoccupe d’aérodynamique et de sa position sur le vélo - en particulier pour les longues distances comme l'Ironman complet, où la position sur le vélo a une incidence majeure sur la façon dont vous vous sentirez au moment d’aborder la portion course à pied. À l'approche de la saison de triathlon, Hans Christian Tungesvik partage avec nous dix conseils suite à l’ajustement de position fait sur son vélo en vue des triathlons longue distance.

1. Il n’y a (pas) que l’aéro qui compte

On nous dit « il n’y a que l’aéro qui compte ».

Je ne suis pas d'accord.

Oui, l'aérodynamisme joue un rôle important quand on cherche le positionnement optimal sur un vélo en vue d’un triathlon de longue distance, en particulier sur les parcours plats et rapides. Mais il y a beaucoup d'autres aspects dont il faut tenir compte, comme le confort, la capacité de tenir la position et le niveau de souplesse. Quel est l'intérêt d'un positionnement aérodynamique si vous n'êtes capable de le tenir que sur 20 % du parcours ? Évitez de vous concentrer uniquement sur l'aérodynamique. Un bon ajustement du vélo ne doit pas se limiter à cela.

2. Une étape à la fois

Lorsque vous modifiez votre position, vous ne devez pas y aller de façon trop radicale. Des changements trop importants auront un impact significatif sur votre corps, augmentant ainsi le risque de blessures. Montez votre selle (pas plus de 1 à 2 mm à la fois), baissez un tout petit peu le guidon ou ajustez, même légèrement, l'angle des extensions aéro; quelle que soit la modification apportée à votre position, essayez-la, prenez le temps de bien évaluer son impact et faites d’autres modifications si nécessaire.

3. L’ajustement d’un vélo, c’est du long terme

Ne vous attendez pas à tout avoir résolu lorsque vous quitterez le studio de positionnement avec votre vélo.

La nouvelle position que vous obtiendrez grâce à l'ajustement de votre vélo est un excellent point de départ pour une préparation optimale en vue d’une course, mais elle nécessitera probablement quelques ajustements supplémentaires. Prenez la route et faites de plus longues sorties. Voyez comment vous vous sentez dans cette position et faites de petits ajustements au besoin jusqu'à ce que vous vous sentiez à l'aise, fort et rapide.

4. Apportez toujours votre équipement

Lorsque vous dépensez du temps et de l'argent pour ajuster votre position sur le vélo, autant se présenter bien préparé.

Apportez tout votre équipement de course : votre casque, vos vêtements de course, vos chaussures et tout autre équipement que vous pourriez utiliser le jour de la compétition. Il est important d'évaluer l'ensemble de votre équipement. Une position sur le vélo peut sembler à la fois confortable et aérodynamique en soi, mais se révéler complètement inadéquate avec un casque ou une position de casque incorrecte.

5. La clé, c'est la patience

Tout comme le triathlon de longue distance, s’adapter à une nouvelle position est affaire de patience.

Au début, les ajustements apportés à votre position pourront peut-être vous apparaître étranges, peu appropriés et même inconfortables. Cela ne signifie pas qu'ils sont mauvais. Ils sont simplement différents de ce à quoi vous êtes habitué. Laissez-vous un peu de temps avant de décider si vous avez besoin d'autres ajustements.

6. Ajustement à l'intérieur - Validation de l'ajustement à l'extérieur

D'un point de vue théorique, le processus d'ajustement d'un vélo fait à l'intérieur peut être considéré comme un moyen de trouver la position optimale sur le vélo. Par contre, sur la route, plusieurs nouveaux aspects entrent en jeu. Récemment, des outils avancés de validation des résultats théoriques sont devenus accessibles au cycliste moyen - tels que les aéromètres, comme Notio.

Avec un tel dispositif, vous pouvez obtenir votre coefficient de traînée en temps réel et d'autres données aérodynamiques pendant que vous roulez. En plus de vous permettre de valider votre position sur le vélo, il vous permettra de comparer différentes options en vue de la compétition à venir comme les combinaisons de course, les casques, les couvre-chaussures, afin d'améliorer les résultats théoriques obtenus à l'intérieur. Dans le sport, comme dans la science, la théorie doit être validée.

7. Le bon positionnement: un travail d’équipe

Un positionnement est un positionnement est un positionnement ? Pas tout à fait. Un positionnement peut être réalisé de plusieurs manières, en utilisant un large éventail d'outils, de protocoles et de logiciels différents. Le réglage d'un vélo de route est également différent de celui d'un vélo de TT ou de triathlon en raison des différences de géométrie, de position et de type de parcours. Assurez-vous de bien choisir votre spécialiste du positionnement ! Cherchez-en un(e) qui connaît les exigences de votre discipline spécifique, comme les types de courses que vous faites, le vélo que vous utilisez, la longueur des bras de manivelle et les autres composants disponibles. Et bien sûr, choisissez celle ou celui qui se soucie réellement de vous aider à réaliser votre plein potentiel.

8. Ajustement pour le triathlon ou pour le CLM ?

Vous pourriez penser qu'un cycliste de contre-la-montre et un triathlète auraient les mêmes exigences en ce qui concerne la position sur le vélo.

Ce n'est pas le cas.

Il y a deux différences très importantes : la durée de la course à vélo et la «petite» course à pied à la fin d'un triathlon. Ces différences doivent absolument être prises en considération. Dans la plupart des cas, le triathlète aura besoin d'un positionnement moins agressif afin de supporter la durée de la course à vélo et de ménager ses ischio-jambiers ainsi que ses muscles fessiers pour la course à pied qui suivra. Peut-être faut-il relever un peu les aérobars, pour ouvrir les fléchisseurs des hanches ? Ou même déplacer un peu votre selle vers l'avant ? Choisir des bras de manivelle plus courts ou repositionner les cales plus en arrière sous vos souliers pourrait également être des choix judicieux quand on se prépare à une course de longue distance. N'oubliez pas de tester votre position sur la route en pensant à la course à venir. Et encore une fois, si vous avez besoin d'une position spécifique pour le triathlon, trouvez un(e) spécialiste du positionnement ayant l'expérience voulue.

9. Mettez-vous à l'aise

Pour la majorité des triathlètes, la position optimale serait celle qu'ils sont capables de tenir pendant toute la portion vélo de la compétition, en se sentant confortable mais également apte à développer un maximum de puissance. Je pense que le meilleur moyen d'être à l'aise est de combiner : ajustement du vélo au cycliste et ajustement du cycliste au vélo. Travaillez votre souplesse, votre force musculaire et votre endurance en position triathlon afin d'être plus à l'aise. Ajustez votre vélo à vous tout en vous ajustant à votre vélo. Travaillez ces deux aspects jusqu'à ce que votre vélo et vous, vous rencontriez à ce qui sera votre position optimale.

10. Ayez du plaisir !

Mon dernier conseil, et probablement le plus important: faites-le pour le plaisir !

Arriver au positionnement sur le vélo qui vous permettra de rouler vite tout en étant confortable vous aidera à avoir plus de plaisir sur la route et profiter au maximum de vos sorties. Se sentir bien quand on roule avec des amis sur les routes du coin donne un sentiment de satisfaction impossible à décrire. Donnez-vous les moyens de garder le sourire - kilomètre après kilomètre !

Hans Christian Tungesvik est un triathlète professionnel norvégien, vainqueur du Championnat du monde XTRI 2019. Il s'est donné pour objectif de se qualifier pour Kona 2020, ce qui ferait de lui le premier triathlète professionnel norvégien à y parvenir.