GBC500 : Du plaisir, des petits pépins et beaucoup de boue

Après quatre jours sur les routes et les sentiers des Cantons de l'Est du Québec, Martin Le Sauteur, PDG de Argon 18, et sa fille Béatrice étaient heureux de compléter le Gravel Bikepacking Challenge 500km. Nous avons discuté avec eux pour en savoir un peu plus sur leur périple.

A18 : D’abord, est-ce que les vélos ont bien tenu la route?

Martin : J'étais sur le nouveau Subito eGravel, et je dois dire que je suis assez satisfait d'avoir fait ce choix ! Selon notre GPS, le parcours comprenait un gain d'élévation total d'environ 5300m, mais on s'est aperçu qu'en réalité l'élévation était plus proche de 6800m. Vous comprendrez que j'étais content d'avoir une assistance électrique. Et il faut aussi dire que sans cela, Béa aurait passé beaucoup de temps à m'attendre au sommet des ascensions ! Mais lorsqu'on roulait avec un vent de face, elle était bien contente de m'avoir à l'avant.

Je pourrais résumer ce vélo en trois mots : autonomie, confort et sécurité. Même dans les grosses descentes, à environ 60 km/h sur des surfaces accidentées, je ne me suis jamais senti instable. Je n'étais pas certain d'avoir assez de batterie lors des plus longues journées, mais je n'ai eu aucun problème à ce niveau finalement. À la deuxième journée du défi, nous avons parcouru 142 km et il me restait toujours 30 % de batterie, incluant le prolongateur d'autonomie. À noter que j'étais en mode éco (premier niveau) 90 % du temps.

Béatrice : J'étais sur le Dark Matter, et c'était parfait pour le défi. Étant donné que j'ai toujours été habituée à rouler sur un vélo de route traditionnel, je dois avouer que je n'étais pas certaine de comment il allait se comporter dans les montées, je me disais que ça allait sûrement être plus difficile sur ce vélo, que la maniabilité et la réactivité auxquelles je suis habituée ne seraient pas au rendez-vous. J'avais tort ! Je me sentais réellement comme sur un vélo de course, le Dark Matter est léger, rapide, réactif. Je tiens aussi à préciser que les sacs Arkel ont aidé. Même complètement remplis, je pouvais pédaler en « danseuse » et tout restait solide et stable. Dans les descentes, j'était aussi très confiante et à l'aise. Je vais faire comme mon père et décrire le Dark Matter en trois mots : confort, performance et plaisir !

A18 : Qu'est-ce qui a été le plus mémorable ? Des surprises majeures en cours de route, autres que le gain d'élévation inattendu ?

Béatrice : Le paysage, la sécurité et la tranquillité de ces routes de gravelle, et pouvoir rouler côte à côte en papotant. On ne peut pas faire ça en ville. Pour être bien honnête, nous avons fait le défi en format 'deluxe'. Nous arrêtions dormir dans des petits hôtels qui étaient sur notre route, nous ne campions pas la nuit. Je vais donc dire que les douches ont été un moment fort du voyage !

Martin : Pour nous ce n'était pas une course, mais plutôt l'occasion de voir des gens, des paysages, de passer du temps de qualité ensemble. Certaines parties du parcours étaient plus difficiles : des sections de grosse gravelle, d’autres en planches à laver ou des larges traces de tracteur boueuses. On essayait autant que possible de trouver les parties les plus lisses de la route, idéalement où des voitures étaient passées. Je pense que je me souviendrai longtemps de notre fameuse ascension de 15% à la fin de notre deuxième journée qui, encore une fois, n'est pas apparue sur notre GPS. Je tiens aussi à mentionner que le personnel et les organisateurs de l'événement ont été formidables. L'organisation dans son ensemble a été un succès selon moi.

A18 : Comment s'est déroulé ce voyage par rapport aux aventures/défis que vous avez faits dans le passé ? Avec le recul, y a-t-il quelque chose que vous auriez préparé différemment ?

Martin : La façon de s'organiser était vraiment similaire à ce que j'avais déjà fait dans le passé. La plus grande différence est, qu'à l'époque, nous n'étions pas sur des routes de gravelle simplement parce que nous n'avions pas les vélos nécessaires. C'était donc la première fois que je faisais un voyage de cyclotourisme sur de la gravelle. J'étais aussi moins encombré que les dernières fois. Les vêtements et l'équipement techniques d'aujourd'hui sont beaucoup plus légers et compacts. Probablement aussi que j'ai appris, avec les années, ce qu'il faut apporter et ce qu'il faut laisser à la maison ! Finalement, c’est certain que c’est plus évident de voyager plus léger quand le trajet est près de chez soi, j'étais beaucoup plus soucieux de ce que je traînais avec moi quand j’ai fait le tour de Taiwan, par exemple.

Béatrice : Ce type de sortie était nouveau pour moi, autant pour la distance que les chemins de terre. J'ai été agréablement surprise par la météo et par le fait que n'avons pas eu besoin d'utiliser nos vêtements pour les températures plus froides. Mais, à bien y penser, je suis contente d'avoir apporté le nécessaire pour tous les types de météo, parce qu'on ne sait jamais... en plus, j’ai laissé Martin transporter la plupart des choses lourdes. Faut pas oublier que c’est lui qui avait l'assistance électrique !