#ThisIsMyRide - Retour sur le Norseman 2021 par Julie Aspesletten

« This Is My Ride » est une série d’articles consacrée aux sorties les plus exceptionnelles, mémorables et ambitieuses auxquelles participent les membres de notre communauté. Qu'il s'agisse d'une cyclosportive particulièrement exigeante, d'une ascension spectaculaire ou, pourquoi pas, d’une sortie du dimanche entre amis; nous aimerions savoir ce qui rend ce parcours remarquable pour vous, et votre vélo Argon 18. Vous aimeriez partager votre expérience ? Envoyez-nous un courriel à marketing.web@argon18.com.

Samedi le 7 août 2021, au sommet du mont Gousta en Norvège, Julie Aspesletten s'est vue couronnée reine du triathlon le plus difficile au monde : le Zalaris Norsman Xtreme Triathlon. Une distance Ironman complète qui se déroule d'un fjord à un sommet, depuis un ferry dans le Hardangerfjord jusqu'à l'arrivée au sommet rocheux de Gaustatoppen à 1850 m d'altitude, une course de 225 km avec un dénivelé de +5235 m.

Voici le résumé #ThisIsMyRide de Julie Aspesletten du Zalaris Norseman Xtreme Triathlon.

PHOTO: Lars-Erik Blenne Lien

Prologue

J'ai fait mon premier triathlon (une distance sprint) en août 2019 sur un vélo TT emprunté. J'étais terrifiée par les 750m de natation, mais j'ai terminé la journée en me disant « je veux le refaire ». Ma deuxième course a été l'Ironman 70.3 de Dubaï en février 2020. J'ai terminé 2e dans mon groupe d'âge avec un temps de 4 h 29 min et je me suis qualifiée pour les championnats du monde en Nouvelle-Zélande. Mais comme on le sait tous, à peu près tout a été annulé l'année dernière. Il y a quand même eu quelques compétitions ici en Norvège, dont le "Coastman", où je suis devenue championne norvégienne de longue distance.

Planifier la saison 2021 a été un défi, mais j'ai passé le début de la saison à bâtir une base solide pour une potentielle saison de courses. En juin 2021, quelques places pour Norseman se sont libérées en raison des restrictions de déplacement liées à la pandémie. Je me suis inscrite à la loterie et j'ai obtenu une place pour l'édition 2021 de la course. Mon rêve de participer au Norseman s'est donc réalisé un peu plus tôt que prévu...

Tout au long de l'année, je m'étais entraînée en vue de la distance 70.3. L'entraînement hivernal et la saison s'étaient très bien déroulés. Mais soudainement, j'avais 10 semaines pour me préparer du mieux que je pouvais à une course très différente et beaucoup plus longue. Ce serait également mes débuts sur la distance Ironman complète. J'ai donc diminué l'intensité et augmenté le volume des séances clés. Cela donnerait à mon corps une chance de s'adapter aux exigences d'une telle épreuve et me permettrait d'affiner ma stratégie de rythme pour la course.

Nous avons passé une semaine à Geilo pendant nos vacances d'été pour nous entraîner sur le parcours. J'ai pu nager dans le Hardangerfjord pour la première fois et traverser le plateau du Hardangervidda au soleil à 22 degrés et avec un confortable vent arrière. Le paysage était époustouflant ! J'étais tellement excitée à l'idée de courir là-bas que j'ai oublié à quel point la météo pouvait être instable et rude dans les montagnes. Le jour de la course, les conditions météorologiques se sont avérées être parmi les plus difficiles que j'aie jamais rencontrées.

Après 10 semaines d'entraînement spécifique chez moi à Oslo et sur le parcours, j'ai commencé à me sentir aussi prête qu’il était possible de l’être dans le peu de temps que j’avais à ma disposition. Avec mon équipe de soutien, nous avons établi un plan de match. Nous nous sommes préparés au pire tout en espérant le meilleur. Notre objectif était d'arriver au sommet de la montagne de la meilleure façon possible et le plus rapidement possible. En fait, j'espérais simplement que mon esprit et mon corps pourraient faire ensemble la course pour laquelle je m'étais entraînée et dont j'avais rêvé.

Mon objectif pour cette course était de terminer mon premier triathlon longue distance, d'éviter les problèmes nutritionnels et mécaniques et de me pousser au maximum de mes capacités. Mon entraîneur et mon équipe de soutien étaient convaincus que si j'avais une journée optimale, je pourrais me battre pour une place sur le podium.

PHOTO: Julie Aspesletten

Jour de la course

C’était vraiment spécial de se retrouver à Eidfjord à 3h00 du matin le jour de la course. C’était tranquille, il faisait nuit, et les gens avec leurs lampes frontales conférait à ce moment un caractère particulier. L'endroit était calme, mais je sentais mon corps en proie au chaos intérieur. J'étais si nerveuse, mais en même temps si prête à faire ce pour quoi je m'étais entraînée et préparée au cours des derniers mois.

Nage

Nous avons fait le saut dans le Hardangerfjord vers 4h45 du matin. J'ai réussi à conserver mon bonnet de bain et mes lunettes, mais cela, et la température relativement chaude de l'eau (17 degrés), ont été les seuls points positifs de la portion nage de la course.

C'est très tôt pour se sentir impuissante après cinq minutes d'une course de 12 heures, mais les vagues nous frappaient de plein fouet sur tout le trajet dans le fjord. J'avais l'impression d'être immobile et comme je ne voyais pas grand monde dans mes alentours, j'ai perdu la quasi-totalité de ma confiance en moi. La natation est sans aucun doute ma discipline la plus faible, mais après environ 2 500 m, j'ai trouvé un bon rythme et je suis arrivé à la première transition.

La nage a été longue pour tout le monde ce jour-là. Je suis sortie de l'eau en quatrième position chez les femmes avec un temps de 1h 23min, ce qui était 13-15 min derrière mon objectif dans des conditions « normales ». Mon équipe de soutien m'a dit que j'avais 10 minutes de retard sur le leader, mais à ce moment-là, j'étais juste heureuse d'avoir terminé la nage. J'étais maintenant prête à me mettre au travail.

Vélo

J'ai vraiment apprécié Måbudalen, la température était parfaite, il n'y avait pas de pluie et je me suis concentrée pour ne pas aller trop fort, pour bien manger et boire. Lorsque nous sommes arrivés à Dyranut (le début de la Hardangervidda), le vent de face annoncé m'a frappé en plein visage. C’était toute une épreuve de lutter contre des vents de 13m/s (45 km/h).

On m'a dit que j'étais en deuxième position, toujours 10 min derrière le leader. Cela m'a donné beaucoup de motivation, mais j'ai continué à me concentrer sur mon rythme et mon plan de course. Mon corps réagissait bien, mes jambes étaient bonnes, je portais suffisamment de vêtement. Je digérais bien mes gels et j'étais plutôt à l'aise sur mon vélo. Je me tenais sur les extensions autant que possible pour rester plus aérodynamique.

Après quelques heures, j'étais en fait impatiente d'attaquer les côtes de Geilo et de me mettre à l'abri du vent. Être assise bien droite dans les collines et voir ma famille et mes amis m'a donné tout un regain d'énergie. Ils étaient là jusqu'au sommet : sourires, bons mots de motivation, musique et encouragements. Tous ce soutien et ces encouragements ont eu l'effet de gels à la caféine, coup sur coup ! Merci beaucoup à vous tous !

Nous avons lutté contre le vent toute la journée et, petit à petit, j'ai comblé l'écart avec le leader. Le fait d'être super aéro sur la section plate et venteuse et dans la descente m'a donné une petite avance à la deuxième transition et mon plan de nutrition a parfaitement fonctionné. J'ai consommé 12 gels, 2 barres, quelques bonbons, 3-4 litres d'eau avec des électrolytes et une boisson énergétique.

PHOTO: Kai Otto Melau
PHOTO: Julie Aspesletten

Course

La course, la partie que j'attendais le plus, est enfin arrivée. Je suis entrée à la deuxième transition super contente que tout se soit bien passé jusque-là, sans aucun problème technique. J'avais respecté mon plan en ne me bousillant pas les jambes sur le vélo dans les côtes.

J'ai couru les 25 premiers kilomètres au rythme que j'avais prévu et testé. Mon équipe de soutien a continué à faire un travail impressionnant, et mon corps a dit « oui, ok » aux gels et aux boissons énergétiques tout au long de la course. Jusque-là, je n'avais pas souffert de problèmes d'estomac, de nausées ou d'ampoules.

Mais encore une fois, on ne sait jamais ce qui peut arriver dans ce genre de course.

On m'a dit que j'augmentais mon avance et que les 15 minutes que j'avais en arrivant à T2 étaient progressivement passées à environ 20-25 minutes. Mais j'étais toujours terrifié à l'idée d'avoir un problème quelconque, m'envoyant dans les bois, incapable d’absorber de nourriture, avec des crampes et tout ce qui s'ensuit. C'était ma première course sur pareille distance et ça inspire le respect.

J'ai continué à me concentrer sur mon rythme et ma nutrition, et j'ai commencé la fameuse Zombie Hill. La montée m'a semblé plus longue que jamais, et je suis devenue littéralement zombie dans ma tête. J'ai couru autant que j’ai pu, et j'ai marché entre deux courses pour bien m'alimenter. J'ai récupéré mon sac à dos à Stavsro et j'ai commencé à marcher jusqu'au Mont Gausta.

Je n'ai pas osé penser à la victoire jusqu'à environ 500m de l'arrivée. J'ai entendu ma famille m'acclamer depuis le sommet, puis les larmes de joie ont débordé ! La ligne d'arrivée est apparue dans le brouillard, j'étais sur le point de faire les derniers pas.

La victoire à Norsman 2021 est devenue le point final de ce voyage absolument incroyable.

C’est impossible de faire une course comme celle-là seule et je suis plus que reconnaissante pour la solidité de mon équipe de soutien et si heureuse de partager cette victoire avec eux et toute ma famille !

PHOTO: Marius Nordby
PHOTO: Lars-Erik Blenne Lien

Configuration du vélo

  • Cadre : Argon 18 E-117 Tri
  • Roues : Roue arrière Duke DUKE Baccara 78mm et roue avant HED Jet 40mm
  • Cockpit : PRO Missile
  • Pédalier : Shimano Ultegra 52/34
  • Cassette : Ultegra 11-28
  • Boitier de pédalier : CeramicSpeed
  • Chaîne : Chaîne UFO CeramicSpeed
  • Selle : Selle ISM
  • Pneus : Continental GP 5000
  • Bouteille : Bouteille Elite Chrono aero
  • Pédales : Pédales Assioma Power Meter

PHOTO: Julie Aspesletten

Julie Aspesletten

  • 31 ans
  • Physiothérapeute
  • Vit à Oslo, en Norvège
  • Provenant du handball, elle a été inspirée et motivée à se lancer dans le triathlon après avoir suivi la carrière de triathlète de son partenaire (Kristian Rød) au cours des huit dernières années.

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